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Laissez les bons temps rouler - Les routes de Dixie Land
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20 mars 2019

Antebellum : NOLA -> Natchez - J2

Dimanche 29 juillet 2018

Panola St 3

A 6 heures du matin, il fait déjà jour, à NOLA (New Orleans Louisiana). Tout est calme. Tout le monde émerge petit à petit. Ben quoi ? C’est dimanche, non ? Un petit tour dehors deux heures plus tard nous met rapidement au parfum : ici, il fait chaud et humide, même tôt le matin. Ca va être sauna gratuit tous les jours.

Après un petit déjeuner tranquillou, chacun à son rythme, parce qu'on est en vacances, Lolotte et moi embrassons tout le monde et démarrons notre carrosse pour notre petit périple sur les routes du Sud. Je me mets au volant et programme le GPS, un peu stressée car il faut réapprendre les codes de la conduite américaine. L’arrêt au feu avant le carrefour, ça ça va, je maîtrise. Un peu moins la priorité lorsque les quatre routes du croisement ont chacune un stop, ou la possibilité de tourner à droite malgré le feu rouge. C’est partie, direction Dixie Land.

 

Dixie : surnom américain désignant le Sud des États-Unis. Plus précisément, c'est le surnom affectueux qu'a reçu le territoire couvert par les anciens États confédérés d'Amérique et les États esclavagistes restés fidèles à l'Union (Virginie-Occidentale, Kentucky, Maryland, et Missouri) durant la guerre de Sécession.

Je pense qu’on est en plein dedans, puisque notre roadtrip va nous faire traverser la Louisiane, le Mississippi et le Texas. Et pour commencer, nous avons décidé de rejoindre le nord du lac Pontchartrain en le traversant grâce à l’impressionnante autoroute que nous avons vue du ciel. La chaussée s’élance fièrement à l’assaut de la vaste étendue d’eau par deux ponts parallèles, supportant chacun deux voies. Très rapidement, on ne voit plus les rives. On a vraiment l’impression d’être au milieu de la mer. Ceci dit, on ne peut pas se tromper. C’est toujours tout droit. De temps en temps, un passage entre les deux chaussées permet de faire demi-tour. A intervalles réguliers, les piliers s’élèvent pour donner de la hauteur à la route et permettre aux bateaux de passer en dessous, ce qui accentue encore l’impression d’être perdu en mer. Et c’est comme ça sur 23 miles (38,422 km). Oui, finalement, j’ai mis le GPS en unités américaines, pour être en accord avec les panneaux et le compteur de vitesse. Sinon, ça exigeait une trop grande gymnastique de l’esprit. On est en vacances. Faut pas pousser.

Lake Pontchartrain Causeway 7  Lake Pontchartrain Causeway 5

La traversée du Lac Pontchartrain

Comme nous avons toute la journée pour arriver à Natchez, nous avons décidé de passer par les itinéraires BIS. Direction Montpelier, avec un seul « l ».

La première chose à savoir, c’est qu’en Louisiane, on ne parle pas de Comtés (County), mais de Paroisses (Parish). Ça, il nous a fallu un bout de temps pour le comprendre, et quelques recherches internet le soir à l'hôtel. Du coup, ça faisait bizarre de voir tous ces panneaux de campagne électorale pour le parish sur le bord de la route (Quoi ? Ils font des campagnes pour l’élection du conseil paroissial, ici ?).

L’autre chose qui frappe en Louisiane, ce sont toutes ces églises au bord de la route. Il doit bien y en avoir tous les kilomètres. Methodist Church, Baptist Church, 1st Baptist Church, Catholic Church, Church of God, 1st Pentecostal Church, Church of Christ, Témoins de Jéhovah… Et comme on est dimanche, il y a plein de voitures garées devant.

Nous passons aussi dans le voisinage d’une prison. Sur la route avant et après, sont disposés des panneaux de prudence à l’usage des automobilistes : « Prison à proximité. Ne prenez pas d’auto-stoppeurs. » Et ça, ça nous a bien fait rire. On a regardé, mais on n’a pas vu d’autostoppeurs.

Montpelier, il n’y a pas à chercher plus loin : c’est une capitale : deux ou trois églises, quelques maisons éparses, et un grand et beau magasin western : le Bear Creek Western Store. Et c’est tout. Pas la peine de s’attarder. Lolotte prend le relais au volant, profitant de ces routes plutôt calmes et pas trop rapides pour se remettre dans le bain.

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Au premier plan, c'est notre jolie voiture

A 13h30, nous nous arrêtons à Jackson, petite bourgade déserte écrasée de chaleur. En même temps, c’est un peu le seul endroit où nous pouvons espérer trouver un coin pour déjeuner. Et effectivement, je viens de repérer une petite maison avec un discret panneau "Restaurant". Mais comme ça, à première vue, pas sûr que ce soit ouvert. En plus, le toit en tôle rouillé n’est pas très engageant. Mais à la fenêtre, il y un petit néon qui indique « Open ». Essayons, il sera toujours temps de rebrousser chemin si jamais ça ne nous inspire pas. Et finalement, c’est une excellente surprise que nous découvrons en poussant la porte. Un restaurant mexicain avec buffet à volonté, doté d’une belle et grande salle au milieu de laquelle trône une cheminée où pourrait rôtir un mouton. Et il y fait frais. Entre le guacamole, les enchilladas, les petites salades et la citronnade, le hasard a bien fait les choses, pour ce premier repas.

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Le Bear Corner. On reste dans les ours

Quoique petite, la ville possède paraît-il quelques jolies maisons antebellum (style néo-grec prisé avant la guerre de Sécession) - et une cabine téléphonique anglaise - que nous découvrons depuis la voiture, car il fait vraiment trop chaud pour une promenade digestive. Et puis nous avons trouvé notre prochaine étape : Rosedown Plantation, située à St Francisville, sur la route qui remonte vers Natchez.

DSC03801  Jackson LA 2

Jackson

Dès l’arrivée à Rosedown, nous nous retrouvons plongées dans le passé, près de 150 ans en arrière. Comme si tout à coup, nous avions été téléportées à Mont-Royal et que Orry Main allait d’un instant à l’autre remonter la grande allée de chênes aux branches desquels pendent les mousses espagnoles, telles d’immenses barbes ou chevelures. Si vous n’avez pas vu « Nord et Sud », forcément, vous aurez du mal à saisir l’image. Hop ! hop ! hop ! Il est encore temps. Ceci dit, il faut quand même savoir que « La Résolue », la plantation de Justin Lamotte dans la série, est en réalité Greenwood Plantation, à 25 km de là.

DSC03845  Rosedown Plantation 20

Rosedown Plantation

Nous arrivons pile à l’heure pour la visite guidée qui est en anglais, mais compréhensible. Elle va nous permettre de découvrir l’intérieur de cette magnifique maison à la façade à colonnades, bâtie en 1835 par Daniel et Martha Turnbull, sur les terres de leur plantation de coton. La visite raconte dans le détail la vie quotidienne d’une riche famille de planteurs, les Turnbull puis les Bowman (Sarah, seule survivante des enfants Turnbull épousa James Bowman, son voisin de la plantation Oakley), de la gestion d’un grand domaine et de centaines d’esclaves, aux réceptions d’avant-guerre. Puis leur déclin, à partir de la guerre de Sécession, et leurs efforts pour sauvegarder Rosedown malgré les ravages de la guerre et des conditions de vie et de travail de plus en plus difficiles. A travers les différentes pièces meublées d’époque, nous découvrons quelques petits trésors, dont une tapisserie réalisée par Martha Washington, épouse du premier président des Etats-Unis.

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La salle à manger et son ventilateur / Chambre (le lit est très haut pour être au niveau des fenêtres et profiter du courant d'air)

Rosedown Plantation 71  Rosedown Plantation 79

Chambre d'enfant / Chambre de la maîtresse de maison

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Escalier des domestiques (esclaves en fait) / Salle de bain avec douche dans la suite parentale

A l’extérieur, on trouve les dépendances : la cuisine, à l'arrière de la maison, toujours séparée de l'habitation principale en Louisiane, pour éviter les risques d'incendie. Tout près de l'allée centrale, se situe la maison du docteur que Daniel Turnbull avait fait venir et logeait sur la propriété après avoir perdu son fils de sept ans de la fièvre jaune. Les quartiers des esclaves n'existent plus pour la plupart, mais derrière la maison on trouve encore quelques bâtiments utilisés par les gens de maison, des toilettes, une serre, ainsi que le cottage de Nina, du nom de la dernière des filles de Sarah Bowman à s'occuper du domaine. Ne s'étant jamais mariée, elle y resta jusqu'à sa mort en 1955, avant que le domaine ne soit vendu par les héritiers.

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L'arrière de la maison et la cuisine / Le cottage de Nina

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La cuisine / La buanderie

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La maison du docteur / La serre

Le jardin est une des merveilles de Rosedown. Férue d'horticulture, Martha Turnbull a passé la majeure partie de sa vie à l'embellir, s'inspirant des jardins vus en France, en Italie et en Angleterre. Elle tenait un journal dédié à ce jardin. Au milieu des petites allées, des gloriettes, des buissons taillés, des massifs de camélias ou d’azalées, pullulent libellules et papillons multicolores. On peut aussi y croiser des colibris ou de jolis petits oiseaux rouges non identifiés.

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Parterre devant l'habitatioin principale / Gloriette

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Le jardin

Par contre, il fait chaud et lourd, presque étouffant, et on cherche l’ombre. Ce qui ne nous empêchera pas de trouver l’inspiration de photos cons auprès de quelques statues.

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Deux interprétations : Selfie / J'ai pas de réseau

Rosedown Plantation 48a  Rosedown Plantation 85

5 min de travail / 25 min de pause

Vaincues par la canicule, nous repartons vers Natchez et arrivons au motel juste avant l’orage, ce qui nous donne un bon prétexte pour une petite heure de récupération. C’est qu’on a encore le décalage horaire dans les pattes. Quand nous repartons, il fait déjà nuit, et il tombe toujours quelques gouttes. Le marquage au sol n’est pas très visible, la lunette arrière n’a pas d’essuie-glace, je ne connais pas la ville et peine à en comprendre le plan… ça y est, je suis en stress. Ou alors, je suis fatiguée. En cherchant le centre-ville, nous nous retrouvons dans un petit quartier résidentiel de jolies maisons, quand soudain, devant nous : une biche ! Rien que pour ça, ça valait le coup. Il n’empêche que nous aurons trouvé le Visitor Center, désert à cette heure-ci, mais pas la ville. Nous nous arrêtons donc pour dîner dans un Ruby Tuesday dans la zone près du motel. La serveuse déborde d‘énergie. Alors que nous sommes sur le pas de la porte, il lui faut cinq bonnes minutes avant de décoller ses fesses du tabouret et ses coudes du comptoir, attraper deux menus avec nonchalance et nous lancer un « follow me » sans même nous regarder. A croire qu’on la dérange.

Ceci dit, nous aussi nous sommes fatiguées. Alors comme le repas ne casse pas la baraque, on va expédier ça et aller se coucher.

En y réfléchissant bien, aujourd’hui c’était un peu une journée « The Walking Dead » : une mini grange ressemblant à celle de Hershel, l’église du père Gabriel, la prison, des champs bordés de bois, des routes peu fréquentées, toute l’ambiance y était. On se serait presque attendus à voir surgir des rôdeurs.

Je crois que je vais plutôt m’endormir sur l’image de Rosedown et Orry Main. C’est mieux.

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Commentaires
C
bon, encore un endroit chaud et humide que mes cheveux n'aimeront pas ! LOL<br /> <br /> hug
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S
Bon sang, tu m'as donné chaud. ^^ Très belles photos ! 😉 et j'adore Montpelier. 😊
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M
Trop bonnes les photos cons! ROFL!!! Sinon on ne peut pas agrandir la deuxième photo du pont qui a l'air impressionnant! Vraiment belle cette plantation. Et j'adore la maisonnette à côté de la cabine téléphonique
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